« Moi aussi, j’ai été dans le noir.
Quand le médecin m’a annoncé, à la naissance de Balthazar, qu’il ne vivrait pas, j’ai été dans le noir.
Quand, à Saint-Vincent-de-Paul, quinze mois plus tard, le chef de clinique m’a dit que Balthazar serait grabataire et probablement débile profond, j’ai été dans le noir.
Chaque fois qu’on le montrait du doigt, chaque fois que son neurologue me disait : « Votre fils n’a aucun avenir, laissez tomber, faites-en un autre, » j’ai été dans le noir.
Et chaque fois aussi, une force en moi, cette conviction qu’ils avaient tort, et la volonté de leur prouver, m’ont tenu la tête hors de l’eau… »